La cartographie en ligne est à envisager dans une perspective spatiale, temporelle et numérique. Le secteur a connu des évolutions majeures : de la simple reproduction papier au développement de la carte collaborative, l’internaute devenant alors un acteur du système à part entière. Il s’agit pourtant de préciser qu’on ne peut réellement s’improviser cartographe ; le métier craint en effet un impact négatif de l’amateurisme. Cependant, la demande de cartes toujours croissante amène à un système de plus en plus collaboratif.

L’association IAAT a développé un projet : l’atelier c@rto; financé par le conseil régional, et il diffuse une base de données géographiques via internet. Voulu simple pour l’usager, les outils ont néanmoins présenté certaines limites : une technologie ancienne qui commence à être inadaptée, un problème de données (conventionnement difficile à cause d’une technologie « centralisée », et la spécificité des métiers de la cartographie : des usagers souvent mal formés). A travers ce monde en pleine mutation, les acteurs s’équipent de plus en plus rapidement en SIG ; les producteurs de données évoluent dans leurs pratiques et la demande du citoyen est en perpétuelle augmentation. Cette demande est alimentée par une volonté de se réapproprier ; une envie de participer liée à l’essor des services de géolocalisation : usage du GPS, le projet Gallileo et la convergence téléphone portable – GPS ; services qui posent néanmoins des questions en terme de dérives. Malgré tout, l’objectif de la mutualisation et du partage reste difficile à réaliser. Une version 2.0 de l’atelier favoriserait cette mutualisation : l’architecture technique plus orientée vers le partage (grâce à la gestion des « métadonnées »), des fonctionnalités adaptées à l’analyse et un profilage des usagers. Quelles perspectives d’avenir ? L’usager ne risque-t-il pas de s’y perdre ?

Si la carte présente une dimension numérique indispensable, l’enjeu pour les territoires reposerait principalement sur le partage des compétences, sur la standardisation et la mutualisation des données. A l’exemple d’un site gouvernemental qui propose des cartes statistiques, une initiative sur la France entière permettant à l’utilisateur de sélectionner les thématiques qui l’intéresse. Les collectivités sont également confrontées à des limites dans leurs actions : elles produisent et achètent leurs données ce qui implique une liberté d’action partielle, des problèmes de politique et de finances publiques. Il existe une initiative internationale nommée « projet Openstreetmap » qui développe une nouvelle forme de collaboration sur la base de données géographiques entièrement recrées pour s’adapter aux restrictions légales actuelles.