| Au début du troisième millénaire, deux tendances massives sont à discerner. D'abord, l'écosystème humain mondial est menacé par de graves déséquilibres dans la productivité et dans la distribution des biens et services. Une proportion importante de l'humanité vit toujours dans la misère et, selon les projections, il faut s'attendre à une augmentation de la disparité entre ceux qui profitent du développement économique et technologique et ceux qui n'en profitent pas. Cette progression vers des extrêmes de richesse et de pauvreté, qui n'est pas viable à terme, compromet la stabilité de l'ensemble du système humain et, avec lui, de l'environnement mondial.Deuxièmement, le monde connaît un changement accéléré et, par rapport au développement économique et social, l'action tutélaire exercée par la communauté internationale sur l'environnement prend du retard. Les avantages pour l'environnement que peuvent présenter de nouvelles technologies et de nouvelles politiques sont rapidement submergés par le rythme et l'ampleur de l'accroissement de la population et du développement économique. Le processus de mondialisation qui influence si fortement l'évolution sociale devrait au contraire être dirigé vers la solution des graves déséquilibres qui divisent le monde d'aujourd'hui, plutôt que vers leur aggravation. Tous les partenaires concernés - les gouvernements, les organisations intergouvernementales, le secteur privé, la communauté scientifique, les ONG et autres grands groupes - doivent travailler ensemble à la solution de cet ensemble complexe de difficultés économiques, sociales et environnementales liées entre elles, dans l'intérêt de la durabilité future de la planète et de la société humaine.Alors que chaque partie de la surface de la Terre présente son ensemble propre de caractéristiques environnementales, chaque région doit également faire face à un ensemble unique de problèmes actuels et nouveaux liés entre eux. GEO-2000 offre un aperçu d'ensemble de ces questions. La synthèse que l'on lira ici est un résumé des principales conclusions de GEO-2000. |
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ETAT DE L'ENVIRONNEMENT: APERCU D'ENSEMBLE
En cette fin des années 90, les émissions annuelles de dioxyde de carbone ont à peu près quadruplé par rapport au niveau de 1950 et les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère n'ont jamais été aussi élevées depuis 160 000 ans. Selon le Groupe intergouvernemental d'experts pour l'étude du changement climatique (GIEC) « dans l'ensemble les faits donnent à penser qu'il y a bien une influence humaine discernable sur le climat mondial ». Il faut donc s'attendre à une évolution des zones climatiques, à une modification de la composition des espèces et de la productivité des écosystèmes, à une augmentation du nombre des événements météorologiques extrêmes et à une aggravation de leur impact sur la santé humaine.Grâce à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et à son Protocole de Kyoto, des efforts sont en cours pour tenter de maîtriser et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. À la troisième Conférence des Parties à Buenos Aires en 1998, un plan d'action a été conçu ; il montre comment utiliser les nouveaux instruments internationaux tels que le commerce des droits d'émission et le Mécanisme pour un développement non polluant. Cependant, le Protocole de Kyoto à lui seul ne permettra pas de stabiliser à leur niveau actuel les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
- Appauvrissement de l'ozone stratosphérique
Le Protocole de Montréal et ses divers amendements ont permis d'obtenir des réductions majeures de la production, de la consommation et de la libération dans l'atmosphère de substances qui appauvrissent la couche d'ozone. L'abondance de ces substances dans la basse atmosphère est passée par un maximum vers 1994 et décline lentement actuellement. On peut ainsi espérer que vers 2050 on aura obtenu une récupération de la couche d'ozone à son niveau antérieur à 1980.Les gouvernements s'attaquent certes au problème du commerce illégal des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, mais des quantités importantes de ces substances continuent à franchir les frontières en contrebande. Le Fonds multilatéral et le Fonds pour l'environnement mondial aident les pays en développement et les pays en transition à éliminer progressivement ces substances. Depuis le ler juillet 1999, ces pays ont pour la première fois commencé à s'acquitter de leurs obligations en vertu du Protocole de Montréal.
Nous fertilisons la Terre à une échelle mondiale par l'effet de l'agriculture intensive, de la combustion des combustibles fossiles et de la propagation des cultures de légumineuses. Tout indique, de plus en plus, que les quantités énormes d'azote ainsi introduites exacerbent l'acidification, modifient la composition spécifique des écosystèmes, relèvent les concentrations de nitrate dans les eaux douces au-delà des limites acceptables pour la consommation humaine et entraînent une eutrophisation de nombreux habitats d'eau douce. En outre, les effluents riches en azote et les eaux de ruissellement transportant des engrais tendent à stimuler la croissance des algues dans les eaux côtières, ce qui peut entraîner une déperdition d'oxygène entraînant la mort des poissons en eau profonde et réduisant la diversité biologique marine par la compétition. Les émissions d'azote dans l'atmosphère contribuent aussi au réchauffement planétaire. Les chercheurs sont de plus en plus d'accord sur l'idée que par son ampleur la perturbation du cycle de l'azote peut avoir des conséquences mondiales comparables à celles causées par la perturbation du cycle du carbone.
Avec l'essor massif des produits chimiques, de plus en plus disponibles et utilisés dans le monde, l'exposition aux pesticides, aux métaux lourds, aux particules fines et autres substances fait peser une menace grandissante sur la santé des hommes et sur leur environnement. L'utilisation de pesticides entraïne chaque année de 3,5 à 5 millions d'empoisonnements aigus. Dans le monde, 400 millions de tonnes de déchets dangereux sont produits chaque année. Environ 75 % de l'utilisation des pesticides et de la production de déchets dangereux sont le fait des pays développés. En dépit des restrictions imposées sur les produits toxiques persistants tels que le DDT et les biphényles polychlorés (PCB) et la dioxine dans beaucoup de pays développés, ces produits sont encore fabriqués pour l'exportation et restent largement utilisés dans les pays en développement. Des efforts de promotion d'une production moins polluante sont en cours, afin de limiter les émissions et d'éliminer progressivement l'utilisation de certains polluants organiques persistants, de limiter la production et les échanges de déchets, et d'améliorer leur gestion.
- Les catastrophes naturelles
La fréquence et les effets des catastrophes naturelles telles que les séismes, les éruptions volcaniques, les ouragans, les incendies et les inondations augmentent. Cela affecte non seulement de façon directe l'existence de millions de personnes, par des décès, des blessures et des pertes économiques, mais aggrave aussi les problèmes environnementaux. Pour ne citer qu'un exemple, en 1996-1998, des incendies de forêt incontrôlés ont dévasté le Brésil, le Canada, les États-Unis, la Fédération de Russie, la France, la Grèce, l'Indonésie, l'Italie, le Mexique, la Mongolie intérieure (dans le nord-est de la Chine) et la Turquie. L'impact des incendies de forêt sur la santé peut être grave. Les experts considèrent qu'un indice de pollution de 100 pg/W est insalubre ; en Malaisie, cet indice a atteint 800 lig/m3. On estime à 1400 millions de dollars le coût estimatif des effets des incendies de forêt sur la santé des habitants de l'Asie du Sud-Est. Ces incendies de forêt sont également une grave menace pour la diversité biologique en particulier quand ils atteignent des zones protégées. Les systèmes d'alerte rapide et de prévention demeurent précaires, en particulier dans les pays en développement ; il est urgent d'améliorer les équipements d'information et le potentiel d'intervention technique.
Les conditions météorologiques inhabituelles observées au cours des deux dernières années ont également été attribuées au phénomène dit oscillation australe El Nino. En 1997/98, El Nino s'est développé plus rapidement et a entraîné un '0 réchauffement plus net de l'océan Pacifique que jamais auparavant. La présence de cette masse d'eau chauffée a exercé un effet prépondérant sur le climat mondial jusqu'à la mi-1998, entraînant de graves perturbations et des dégâts dans de nombreuses régions y compris les zones tempérées. Des précipitations et des inondations exceptionnelles, des sécheresses et des feux de forêt inhabituels figurent parmi les principaux impacts du phénomène. Les systèmes de prévision et d'alerte rapide, ainsi que les moyens de protection des hommes, de l'agriculture et des équipements ont été notablement améliorés après la manifestation la plus récente d'El Nino.
- Terres, forêts et diversité biologique
Les forêts, les zones boisées et les prairies continuent à se dégrader ou être détruites, des terres marginales à être désertifiées, et les écosystèmes naturels à s'étioler ou se fragmenter, ce qui contribue à menacer la diversité biologique. Des indices nouveaux confirment que le changement climatique risque d'aggraver l'érosion des sols dans beaucoup de régions au cours des décennies qui viennent et de compromettre ainsi la production vivrière. La déforestation continue à un rythme rapide dans les pays en développement, causée surtout par la demande de bois et de produits à base de bois et par la nécessité de défricher de nouvelles terres pour l'agriculture ou pour d'autres activités. Ce sont 65 millions d'hectares de forêt qui ont été perdus ainsi entre 1990 et 1995, sur un total de 3 500 millions d'hectares de forêt. La forêt a regagné 9 millions d'hectares dans les pays développés, mais cela est peu par rapport aux superficies perdues. La qualité de la forêt qui reste est menacée par différentes atteintes telles que l'acidification, la consommation de bois de feu et les prélèvements d'eau, et enfin les incendies. La réduction ou la dégradation des habitats menace la diversité biologique au niveau des gènes, des espèces et des écosystèmes, ce qui entrave la fourniture de produits et de services essentiels. L'introduction largement diffusée d'espèces exotiques est également une cause majeure de perte de la diversité biologique. La plupart des espèces menacées sont des espèces terrestres, plus de la moitié subsistant dans les forêts. Les habitats d'eau douce et les habitats marins, en particulier les récifs coralliens, sont également très vulnérables.
L'accroissement rapide de la population, allant de pair avec l'industrialisation, l'urbanisation, l'intensification de la production agricole et les modes de vie utilisant beaucoup d'eau entraîne une crise mondiale de l'eau. Environ 20 % de la population mondiale manquent actuellement d'un accès à l'eau salubre, tandis que 100% n'ont pas accès à un système sûr d'assainissement. L'affaissement des nappes phréatiques est un phénomène répandu qui cause de graves difficultés, à la fois parce qu'il entraîne des pénuries d'eau et parce qu'il se traduit dans les zones côtières par des intrusions salines. La contamination de l'eau destinée à la boisson se fait sentir surtout dans les très grandes villes, mais la pollution par les nitrates et l'augmentation de la charge de métaux lourds affectent la qualité de l'eau presque partout. L'approvisionnement en eau douce ne peut être accru à l'échelle mondiale ; de plus en plus de personnes dépendent de cette ressource dont l'offre est fixe ; et une fraction grandissante de celle-ci est polluée. La sécurité de l'eau, comme la sécurité alimentaire, deviendra un problème prioritaire majeur à l'échelle nationale et régionale dans beaucoup de régions du monde au cours des décennies à venir.
Le développement urbain et industriel, le tourisme, l'aquaculture, le rejet de déchets et d'effluents dans la mer dégradent les zones côtières dans le monde entier et détruisent des écosystèmes tels que les zones humides, les mangroves et les récifs coralliens. Les changements climatiques retentissent également sur la qualité de l'eau de l'océan et sur le niveau de la mer. Les zones de très faible altitude, en particulier de nombreuses petites îles, risquent d'être inondées. Les prises mondiales de poissons ont pratiquement doublé entre 1975 et 1995 et l'état des pêcheries a désormais atteint dans le monde un stade critique. Environ 60 % des pêcheries sont àl'échelle mondiale au point où les rendements commencent à décliner, ou près de ce point.
Les tendances de la pollution de l'air sont très différentes dans les pays développés et les pays en développement. Les efforts vigoureux faits pour réduire la pollution atmosphérique dans beaucoup de pays industrialisés commencent à porter leurs fruits, mais la pollution de l'air dans les villes atteint une dimension critique dans la plupart des grandes villes des pays en développement. Le trafic routier, la combustion de charbon et de combustibles riches en soufre et les incendies de forêt sont les principales causes de pollution de l'air. Les habitants des pays en développement sont également exposés à de fortes concentrations de polluants provenant de foyers non protégés dans leurs habitations. On estime désormais que 100% environ des maladies respiratoires chroniques sont dues à la pollution de l'air. De vastes zones de forêt et de terres arables sont dégradées par les pluies acides.
Dans certaines zones de faibles dimensions et fortement peuplées, plusieurs problèmes environnementaux s'aggravent mutuellement. La pollution de l'air, les ordures ménagères, les déchets dangereux, le bruit et la contamination de l'eau font de ces zones des « points chauds » environnementaux. Les risques sanitaires inévitables touchent alors surtout les enfants, qui sont les plus vulnérables. Dans les pays à faible revenu, de 30 à 60 % des habitants des villes n'ont toujours pas de logement adéquat, avec des installations sanitaires, des canalisations d'eau et des systèmes de drainage. La poursuite de l'urbanisation et de l'industrialisation, allant de pair avec un manque de ressources et de connaissances spécialisées, aggrave le problème. Cependant, nombreuses sont les autorités locales qui mettent leurs forces en commun pour promouvoir l'idée d'une ville écologiquement rationnelle |
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APERCU DES POLITIQUES SUIVIES
Comme on connaît mieux les problèmes de l'environne ment et leurs causes, la question se pose de savoir quelles sont les politiques les plus indiquées : ce qui est fait suffît-il et y a-t-il d'autres solutions ? GEO-2000 inclut unexamen unique des politiques de l'environnement suivies dans le monde.
Ces dernières années, dans presque tous les pays, la législation de l'environnement et les institutions qui l'appliquent ont été largement développées. L'instrument le plus courant est la réglementation directe, qui relève d'une politique de contrôle autoritaire, mais son efficacité dépend des méthodes d'application et de contrôle, des effectifs disponibles, du niveau de coordination institutionnelle et d'intégration des diverses mesures. Dans la plupart des régions, ces politiques demeurent organisées par secteur, mais la planification de l'environnement et les études d'impact sont des instruments de plus en plus couramment utilisés partout
.Dans la plupart des régions, on s'efforce de renforcer les institutions et la réglementation, mais parfois, on s'oriente au contraire vers une « déréglementation », en utilisant plus largement des instruments économiques et une refonte du système de subventions publiques, en s'en remettant en partie à l'action volontaire du secteur privé et à une participation plus grande du public et des ONG. Cette évolution découle de la complexité grandissante de la réglementation de l'environnement et du coût élevé des mesures de contrôle, ainsi que des exigences formulées par le secteur privé, qui souhaite une plus grande souplesse, une marge d'autocontrôle et une plus grande efficacité des dépenses engagées.GEO-2000 confirme l'appréciation d'ensemble portée par GEO-1 : le système mondial de gestion de l'environnement va dans la bonne direction, mais beaucoup trop lentement.
Pourtant il existe des instruments dont l'efficacité a été démontrée et qui pourraient nous rapprocher beaucoup plus vite de la « durabilité » écologique. Si l'on veut éviter, au début du nouveau millénaire, de grandes catastrophes écologiques, il faut appliquer rapidement des politiques différentes, mieux conçues.
L'une des principales conclusions de l'examen des politiques de l'environnement concerne l'application et refficacité des instruments existants. L'évaluation de rapplication, du respect et de l'efficacité des instruments est compliquée par l'existence de lacunes dans les données, mais aussi de difficultés conceptuelles et de problèmes méthodologiques.Les accords multilatéraux sur l'environnement se sont révélés de puissants instruments de solution des problèmes de l'environnement. Chaque région s'est dotée de ses propres accords, régionaux ou sous-régionaux, qui portent principalement sur une gestion commune ou sur la protection commune de ressources naturelles telles que l'eau des bassins fluviaux, et la lutte contre la pollution atmosphérique transfrontière.
Il existe aussiun grand nombre d'accords mondiaux, notamment ceux qui traitent du changement climatique et de la diversité biologique, et qui sont le résultat des travaux de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, tenue à Rio de Janeiro en 1992.En dehors des accords multilatéraux sur l'environnement, il existe des accords non contraignants (comme Action 21) et les clauses ou principes environnementaux inclus dans des accords plus généraux, tels que les traités commerciaux régionaux. Ces accords multilatéraux sur l'environnement ont, au fil des ans, élargi leur démarche, d'abord thématique (dispositions relatives au partage des eaux d'un fleuve, par exemple) à une approche transsectorielle (Convention de Bâle, par exemple), et enfin à une perspective mondiale et à la reconnaissance générale de la corrélation entre environnement et développement.
Une autre tendance n'est pas encore achevée : l'établissement, étape par étape, de principes communs (comme les Principes relatifs aux forêts) dans différents secteurs.L'examen GEO-2000 des accords multilatéraux sur l'environnement permet de dégager deux problèmes:• L'efficacité de ces accords dépend beaucoup des dispositions institutionnelles, des mécanismes financiers et de contrôle, et des systèmes de vérification de leur application qui ont été mis en place pour eux;• Il demeure difficile d'évaluer avec précision l'efficacité de ces accords de même que des instruments non contraignants, faute d'indicateurs acceptés par tous. |
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TENDANCES REGIONALES
La pauvreté est une cause et une conséquence majeures de la dégradation de l'environnement et de l'épuisement progressif des ressources qui menace le continent. Les principaux problèmes environnementaux sont la déforestation, la dégradation des sols et la désertification, l'appauvrissement de la diversité biologique et des ressources de la mer, la pénurie d'eau, et la dégradation de la qualité de l'eau et de l'air. L'urbanisation est un problème nouveau en Afrique, qui amène avec elle un cortège de problèmes de santé publique et d'environnement bien connus dans les zones urbaines du monde entier. Dans beaucoup de pays l'alourdissement des «dettes de l'environnement » est une préoccupation majeure en raison du coût des mesures correctives, beaucoup plus élevé que ceux d'une action de prévention.De nombreux pays africains appliquent de nouvelles politiques environnementales nationales et multilatérales, mais leur efficacité est souvent réduite faute de personnel, de connaissances spécialisées, de fonds et de matériel adéquat pour leur application et leur contrôle. Les politiques environnementales actuelles reposent principalement sur des instruments réglementaires mais certains pays ont commencé à envisager d'appliquer un éventail plus large d'incitations, notamment économiques, par le biais de différents systèmes fiscaux. Bien que des centres de production plus propre aient été créés dans quelques pays, la plupart des industries ne font guère d'efforts pour adopter les principes d'une production moins polluante. Cependant, certaines sociétés multinationales, grandes entreprises minières et même quelques entreprises locales ont récemment adopté volontairement des normes environnementales fondées sur le principe de précaution.Il est de plus en plus largement reconnu que les politiques nationales de l'environnement seront d'autant plus facilement appliquées qu'elles auront l'appui d'un publie informé et désireux d'y participer. Les programmes de sensibilisation et d'éducation écologiques se développent presque partout, tandis que les connaissances autochtones sont de plus en plus largement reconnues et utilisées. Les systèmes d'information environnementale demeurent précaires.Un intérêt assez vif est porté, en Afrique, aux nombreux accords multilatéraux sur l'environnement, et plusieurs de ces accords régionaux ont été conclus à l'appui de leurs homologues mondiaux. Mais le taux d'observation et d'application de ces accords demeure assez faible, surtout faute de fonds.
La plus vaste région du monde se heurte à de graves difficultés environnementales. Des densités de population élevées exercent des pressions énormes sur l'environnement. La poursuite d'une croissance économique rapide et de l'industrialisation risque de multiplier les atteintes portées à l'environnement, et à l'avenir la région risque d'être plus dégradée, moins boisée, plus polluée et moins écologiquement diverse qu'à présent.Abritant près de 60 % de la population mondiale, la région ne compte pourtant que 30 % des terres émergées. Cela entraîne une dégradation des sols, en particulier dans les zones marginales, et une fragmentation des habitats. Cette fragmentation entraîne un appauvrissement de la riche diversité des produits forestiers qui sont utilisés comme source importante de denrées alimentaires , de médicaments et de revenus pour les peuples autochtones. Les incendies de forêt ont causé de graves dommages en 1997-1998.L'approvisionnement en eau est un problème grave. Déjà, un Asiatique sur trois n'a pas un accès facile à l'eau potable et les eaux douces seront certainement l'un des principaux facteurs limitatifs de la production vivrière à l'avenir, en particulier dans les zones très peuplées ou arides. La demande d'énergie augmente plus rapidement que dans toute autre région du monde. L'urbanisation augmente rapidement et est concentrée dans quelques grandes agglomérations seulement. C'est là le type d'urbanisation propre à l'Asie - privilégiant les mégapoles - et il risque d'accroître le stress environnemental et les tensions sociales.Un souci assez largement répandu de lutter contre la pollution et de protéger les ressources naturelles explique qu'une législation tendant à réduire les émissions et à préserver les ressources naturelles ait été adoptée. Les gouvernements s'attachent très activement à encourager un respect et une application des normes environnementales, mais dans plusieurs pays de la région l'application de la loi demeure problématique. Les incitations et désincitations économiques commencent à être utilisées pour protéger l'environnement et favoriser une utilisation plus rationnelle des ressources. Les amendes imposées aux pollueurs sont courantes et un système de consignes est encouragé pour développer la réutilisation et le recyclage des récipients. Les groupes industriels dans les pays à faible comme à fort revenu sont de plus en plus sensibles aux préoccupations environnementales dans la production industrielle. On s'intéresse très nettement aux normes ISO 14 000 dans la fabrication et l'écoétiquetage des produits.Dans la plupart des pays, l'investissement intérieur consacré aux questions environnementales augmente. Les pays en développement en particulier s'intéressent de très près à l'approvisionnement en eau, à la réduction des déchets et au recyclage des matières au rebut. Dans beaucoup de pays, des fonds pour l'environnement ont été créés et ils ont contribué au rôle important que les ONG jouent dans la défense de l'environnement. De nombreux pays se sont déclarés favorables à une participation du publie à ce sujet et la loi l'exige parfois désormais. Cependant, les niveaux d'éducation et de sensibilisation écologique demeurent faibles et l'information environnementale, dans la région, est insuffisante.L'adhésion des différents pays de la région aux accords multilatéraux sur l'environnement à vocation mondiale est inégale, mais l'adhésion aux accords régionaux est plus largement partagée. Parmi ceux-ci figurent plusieurs initiatives importantes de politique de l'environnement élaborées par des mécanismes sous-régionaux de coopération.L'une des principales difficultés est d'encourager la liberté du commerce tout en préservant et renforçant la protection de l'environnement et des ressources naturelles. Certains gouvernements prennent désormais des mesures pour concilier les intérêts du commerce et ceux de l'environnement par des politiques spéciales, par des accords sur les normes que doivent respecter les produits, par l'application du principe « pollueurpayeur » et par l'application de normes d'hygiène et de salubrité des exportations de denrées alimentaires.
L'état de l'environnement, dans la région, reflète sa tradition politique et socioéconomique. En Europe occidentale, les niveaux de consommation en général demeurent élevés mais les mesures prises pour enrayer la dégradation de l'environnement ont entraîné une amélioration considérable de certains paramètres environnementaux, mais non pas de tous. Les émissions de dioxyde de soufre, par exemple, ont été réduites de plus de moitié entre 1980 et 1995. Dans d'autres sous-régions, les changements politiques récents se sont traduits par une réduction très importante mais probablement temporaire de l'activité industrielle, ce qui allège un grand nombre des pressions s'exerçant sur l'environnement.Un certain nombre de caractéristiques environnementales sont communes à la plus grande partie de la région. De vastes zones de forêt sont endommagées par l'acidification, la pollution, la sécheresse et les incendies de forêt. Dans beaucoup de pays européens, c'est jusqu'à près de là moitié des espèces connues de vertébrés qui sont menacées et la plupart des stocks de poissons d'intérêt commercial dans la mer du Nord font actuellement l'objet d'une grave surexploitation. De même, dans plus de la moitié des grandes villes européennes, les eaux souterraines sont surexploitées. Les zones marines et côtières sont vulnérables aux atteintes provenant de diverses sources. Le transport routier est désormais la principale source de pollution de l'air dans les villes et l'ensemble des émissions est élevé - l'Europe occidentale produit près de 15 % des émissions mondiales de CO, et huit des 10 pays qui ont les niveaux d'émissions de C02 par habitant les plus élevés se trouvent en Europe centrale et orientale.Les plans d'action régionaux ont été efficaces car ils ont permis de formuler des politiques compatibles avec les principes du développement durable et de susciter une action nationale et locale. Cependant, certains objectifs ne sont pas encore atteints et les plans conçus pour l'Europe orientale et l'Asie centrale sont moins avancés qu'ailleurs en raison des faibles capacités institutionnelles et du ralentissement de la restructuration économique et de la réforme politique.La participation publique au traitement des questions environnementales est considérée comme satisfaisanteen Europe occidentale, et on relève des tendances positives en Europe centrale et orientale. Mais de nombreux pays n'ont toujours pas une législation appropriée aménageant la participation publique, bien que la Convention sur l'accès à l'information environnementale et à la participation du publie aux décisions environnementales, signée par la plupart des pays membres de la Commission économique pour l'Europe (Genève) en 1998 doive améliorer la situation. L'accès à l'information environnementale a notablement augmenté, avec la formation de l'Agence européenne de l'environnement et d'autres centres de documentation en Europe. L'appui donné aux accords multilatéraux sur l'environnement, tant mondiaux que régionaux, est élevé aussi bien pour ce qui est de la ratification que de l'observation de leurs dispositions.On observe d'importants succès, en particulier en Europe occidentale, dans l'application des programmes de production plus propre et d'écoétiquetage. Au sein de l'Union européenne, la fiscalité verte et la lutte contre les effets néfastes des subventions sont désormais des priorités importantes. Une législation est en cours d'adoption sur des sujets entièrement nouveaux. On peut citer en exemple la Directive sur les nitrates, la Directive sur l'habitat et le plan Natura 2000, qui prévoit un réseau écologique européen. L'application de ces dispositions demeure cependant difficile.Les pays en transition doivent renforcer leurs capacités institutionnelles, améliorer l'application de la loi par des amendes ou des taxes, et renforcer la capacité des entreprises d'introduire des systèmes de gestion environnementale. La principale difficulté, pour la région dans son ensemble, est de pourvoir à une bonne intégration des politiques environnementale, économique et sociale.
- Amérique latine et Caraïbes
Deux grandes questions environnementales se posent particulièrement dans la région. La première est de trouver des solutions aux problèmes de l'environnement urbain -puisque les trois quarts de la population sont urbanisés, souvent dans des mégapoles. La pollution de l'air dans la plupart des grandes villes est telle qu'elle menace la santé humaine et les pénuries d'eau sont chose courante. La seconde grande question est celle de l'épuisement progressif | |