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    RISQUES MONDIAUX

    "Rare est le rire aux rues..." 

    MONDIALISATION: SCENARIOS 

    MONDIALISATION:PROSPECTIVE DES FACTEURS

    Existe-t-il des risques politiques mondiaux qui ne soient pas seulement des risques plus ou moins étendus d'acteurs particuliers? Le monde, dans son ensemble, est-il un champ d'origine et d'impact des risques politiques?

    Le monde, sous la forme de l'opinion publique ou des institutions internationales, ne se désintéresse pas des difficultés graves, le risque de guerre par exemple ou de famine, qui atteignent tel ou tel de ses constituants et manifeste sa solidarité.

    Le monde est aussi concerné en tant que système de nations, confronté à des problèmes de gestion tels que la sécurité du transport aérien ou à des questions plus larges comme le développement soutenable.

    Il est aussi de plus en plus impliqué en tant qu'ensemble d'individus ou de "sociétés civiles" responsables d'un patrimoine naturel et spirituel et qui subissent collectivement les effets d'une gestion imprudente des acteurs économiques et politiques ou de 5 milliards de simples particuliers.

    * L'origine de certains risques mondiaux ne peut être attribuée à tel acteur isolé, état, entreprise ou fou dangereux, mais provient d'une nature des choses pas forcément conforme aux désirs de l'humanité : grandes catastrophes géologiques, climatiques etc...

    L'incertitude sur la responsabilité résulte aussi de comportements humains diffus, innocents dans leur principe, mais dont l'agrégation produit un dommage sensible à l'échelle mondiale : dégradation accélérée des ressources naturelles, phénomènes de pollution, endémies liées aux comportements alimentaires ou sexuels.

    De même nature diffuse sont les risques de systèmes mis en place par l'accord des états pour gérer les relations économiques, sociales ou politiques. Il existe des accidents et des effets indirects fâcheux pour les constructions sociales les plus avouables : la démocratie, le libéralisme, le socialisme, la famille, la religion...

    * La répartition des risques (ou des manques) est une deuxième source de préoccupation. Qu'il s'agisse de revendication morale (solidarité, Tiers Mondisme) ou de réalisme devant les conflits possibles, on tolère de moins en moins les inégalités économiques et sociales. La distribution du monde en espaces hérérogènes, volontiers antagonistes, inégalement dotés devant les risques reste un des themes majeurs d'une politique mondialiste: plus simplement dit c'est le thème de l'inégalité.

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    A- LES RISQUES POLITIQUES CLASSIQUES

    1) Le risque de destruction totale

    La perception du risque mondial est née en 1945 à Hiroshima où l'humanité commence à comprendre qu'elle peut entièrement se détruire elle-même. Le Tribunal de Nuremberg découvre peu après que l'humanité peut porter en elle-même le désir de cette destruction.

    La stratégie de dissuassion réciproque, le Traité de non-prolifération de 1968, les accords de désarmement visent à délimiter ce risque. Ces efforts s'embourbent aujourd'hui dans la difficulté concrète du contrôle auprès de certains pays émergents et dans la quasi-disparition du contrôle soviétique qui génère un trafic criminel de matières fissiles.

    2) Le risque de conflits majeurs

    La décolonisation, par démembrement des empires mineurs, britannique, français, belge, néerlandais, portugais, s'est déroulée en une trentaine d'années, avec des risques qu'on peut rétroactivement considérer comme moyens .

    Largement entamé, le démembrement de l'empire russe peut connaître des soubresauts et d'éventuels retours en arrière, mais également susciter les tentations de puissances périphériques de la Turquie à la Chine, en passant par l'Irak, l'Iran, le Pakistan.

    L'empire américain change de nature : après l'expansion continentale en Amérique même, l'expansion outre-mer s'est sans doute achevée dans sa version coloniale et même sous la forme des grandes bases militaires (Philippines).

    Le conflit considéré comme majeur entre les deux grandes puissances et deux conceptions du monde pourrait être relayé par le conflit entre les démocraties occidentales et l'Islam intégriste.

    3) le risque de multiplication de conflits mineurs

    La répartition géographique des crises se modifie au détriment des régions où n'existe pas ou plus de procédure de solution pacifique des conflits ni de sauvegarde des populations locales (ex: Afrique, régions périphériques de l'ancienne Union Soviétique...). Dans ce cas, les conflits d'intérêts classiques entre états ou les guerres civiles à implication des voisins peuvent se donner libre cours.

    A constater l'incapacité de régler des conflits aussi délimités que la Bosnie , la Somalie ou les Tutsi/Hutus, on ne peut que s'inquiéter à l'évocation d'éventuels conflits importants en Asie impliquant l'Inde ou la Chine : qui pourrait les arrêter?

    4) la multiplication des guerres civiles

    5) la gestion des droits politiques

    La communauté mondiale s'intéresse à la défense des Droits de l'Homme pour des raisons morales qui ont présidé à la rédaction de la Charte des Nations-Unies.

    Pb de l'application "enforcement"

    Pb de la contestation : L'Allemagne national-socialiste a contesté cette "morale universelle" comme judéo-marxiste, l'URSS et les pays communistes la contestaient comme impérialiste et capitaliste, l'Islam la rejette en tant que conception judéo-chrétienne. L'Occident lui-même n'est pas à l'abri de bavures selon le principe "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté"

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    B- LES RISQUES ECONOMIQUES

    • 1) Disponibilité des ressources naturelles?

    L'accroissement de la population mondiale et de ses exigences en matière de niveau de vie porte à s'interroger sur la disponibilté en ressources, notamment énergétiques et alimentaires, ou encore en espaces libres, en eau, en air respirable.

    C'est un thème récurrent du malthusianisme mondialiste , périmé de manière tout aussi récurrente par l'expérience courante au profit d'une réflexion sur les techniques de production et les méthodes de gestion.

    • 2) Efficacité des systèmes productifs:
    • 3) Efficacité dans la gestion économique de la conjoncture (croissance/récession, inflation/déflation, accidents de cycles) et des échanges.

    Dans les années 80,la préoccupation mondiale était assez largement centrée sur l'inflation et, avec elle, sur les politiques économiques d'ajustement du déficit budgétaire ou extérieur.

    La préoccupation récente, depuis le début des années 90, est de nouveau celle de la croissance.

    * Une première consiste à coordonner les politiques économiques et monétaires entre l'Europe d'une part, les USA et le Japon d'autre part. L'attente de la reprise américaine reste le facteur principal de retournement souhaitable de tendance. La prolongation de la récession américaine, par exemple suite à une série de faillites dans le secteur financier, serait un facteur défavorable compte tenu de tout ce qui est attendu ,à l'Est et au Sud d'une amélioration de la conjoncture occidentale.

    Le deuxième élément conjoncturel de la reprise mondiale pourrait être l'assouplissement de la politique allemande de taux d'interêt.

    * Une deuxième condition, selon la doctrine libérale, consiste à  faciliter l'internationalisation des échanges par la réussite des négociations de l'Uruguay Round et la dérégulation des marchés.

    * une troisième condition réside dans l'intégration croissante des pays de l'Est et du Sud aux réseaux d'échanges internationaux, intégration par le droit mais aussi par les flux d'importations et d'investissements qui sont signe et facteur de richesse.

    • 4) la répartition des ressources, des revenus, des richesses

    Au delà du fonctionnement courant des flux d'échanges ou d'activités, le système mondial ne peut se désintéresser des structures et notamment l'inégalité de répartition des ressources nécessaires à la vie des populations (revenus, richesses, biens et services de toutes sortes) ou aux activités économiques (répartition inégale de l'énergie, des capitaux, de la technologie)

    Cela suppose un taux de croissance durablement supérieur dans les pays en développement. Il ne pourra se produire que par un certain transfert de ressources en provenance des pays riches par l'intermédiaire de l'aide publique, de l'épargne investie, (donc un renouveau de l'effort d'épargne des ménages occidentaux en chute rapide depuis vingt ans) ou par le prix payé pour les biens et services importés par l'Occident.

    5) les droits économiques et sociaux

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    C- LES RISQUES DE SOCIETE :

    Les risques d'un "développement insoutenable" ont été mis en avant par les futurologues pessimistes du Club de Rome (rapport "Limites de la croissance"en 1972) ou de l'Administration Reagan ("Global 2000", 1980)

    A côté de la gestion raisonnable déjà évoquée des ressources naturelles se pose la question des pollutions et de l'évacuation des déchets.

    A y regarder de plus près,la question des déchets n'est pas seulement un problème pour écologistes en mal d'élections locales. C'est peut-être le résultat inévitable d'un mode de développement fondé sur la production matérielle. Le monde en effet se demande que faire des emballages jetables, des produits jetables, des technologies jetables, des pays insolvables et jetables, des immigrants rejetables, des quinquagénaires éjectables, des officiers de l'Armée Rouge jetables, des fusées nucléaires jetables...

    On se demande alors s'il est raisonnable dans les pays occidentaux de pousser les consommateurs à se procurer sans délai des produits périssables dont ils n'ont pas vraiment besoin, qu'ils ne peuvent pas se payer et pour lesquels ils endetteront leur avenir (emprunt plutot qu'épargne) ou leur nation (financement du déficit extérieur) ou les deux. Sans penser que le développement de leur nation, le confort de leurs vieux âges, la sécurité de leurs rapports avec les pays moins favorisés impliquent de revenir au taux d'épargne (ou de moindre consommation) que nous connaissions naguère sans nous trouver pour autant plus malheureux.

    La notion de culture comporte des éléments immatériels comme les conceptions communes de certaines valeurs (droit, pouvoir, égalité, liberté, progrès...), des systèmes logiques de relations entre ces valeurs (idéologies), le sentiment d'appartenance à une identité commune, et souvent le sentiment d'une "destinée manifeste".

    Elle incorpore aussi des éléments matériels : le territoire, le lieu de vie, les techniques et savoir-faires, les objets usuels, les modes de consommation, les gestes voire la stature et la couleur de la peau.

    L'incertitude et le risque peuvent naître du débat sur le contenu du consensus mondial (conceptions différentes de la liberté, de l'égalité, de la fraternité) et sur les procédures à suivre pour le mettre en oeuvre.

    Mais une certitude existe, qui est aussi un risque majeur: les conduites marginales qui refusent le consensus. Elles se traduisent par exemple dans les conduites d'évasion décrites pour les particuliers (délinquance, crime, folie, irresponsabilité). Elles ont leur parallèle dans les comportements irrationnels de groupes politiques ou d'états perturbateurs (Allemagne nazie, Serbes de Bosnie...).

     

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